Chaque année revient la même idée reçue : WordPress serait lent, dépassé, pas fait pour un projet sérieux. Nous créons et entretenons des sites WordPress depuis la création de l'agence, en 2015, et ce discours ne ressemble pas à ce que nous voyons sur les sites que nous suivons.

Commençons par les chiffres. Au 13 octobre 2026, WordPress fait tourner 40,1 % des sites web étudiés par W3Techs, et 58,6 % des sites dont le CMS est connu[1]. Plus d'un site sur deux parmi ceux dont le CMS est connu, ce n'est pas la part d'un outil abandonné.

Les reproches faits à WordPress

WordPress passe pour lourd et lent, vieilli, et mal fait pour la montée en charge. Ces reproches ne sortent pas de nulle part. Quand nous reprenons un site qui les mérite, nous trouvons en général un thème chargé de fonctions dont le site ne se sert pas, des extensions ajoutées au fil des années sans que personne ne fasse le tri, un hébergement trop juste, et des mises à jour laissées en plan depuis longtemps.

Dans ces cas-là, WordPress n'est pas le coupable. Le problème vient de la façon dont le site a été monté, puis de l'absence d'entretien.

Ce qui a changé ces dernières années

Un éditeur construit sur React

L'éditeur de blocs de WordPress, appelé Gutenberg, repose sur React, une bibliothèque JavaScript d'interfaces web ; la documentation officielle de WordPress décrit son paquet de base comme une couche « construite au-dessus de React »[2]. L'argument du WordPress « pas moderne » tient donc mal.

Deux versions majeures en 2026

WordPress 7.0, sortie le 20 mai 2026, a renouvelé le tableau de bord, ajouté une palette de commandes (Ctrl+K pour aller directement à un écran ou une action) et permet de parcourir visuellement les anciennes versions d'une page pour en restaurer une[3].

WordPress 7.1 a suivi le 19 août 2026. Pour les performances, le changement le plus concret concerne les images : leur compression, leur redimensionnement et la création des miniatures se font désormais dans le navigateur de la personne qui les envoie, ce qui soulage le serveur[4]. La même version permet de régler l'affichage sur téléphone et tablette directement dans l'éditeur de site, sans écrire de CSS.

Un site WordPress peut être rapide

La vitesse d'un site WordPress dépend surtout de la qualité du code du thème, du poids des images, du cache et de la configuration du serveur. La version de PHP compte aussi. En octobre 2026, WordPress recommande PHP 8.3 ou plus récent, avec MariaDB 10.11 ou MySQL 8.0 au minimum pour la base de données[5]. Quand un site est lent, c'est l'une des premières choses que nous vérifions.

Un mot sur Divi

Divi, un constructeur de pages pour WordPress, a longtemps servi d'exemple du « WordPress lourd », et pas toujours à tort. Son éditeur a écrit le 30 septembre 2026 que les phases de bêta de Divi 5 étaient terminées[6]. Il annonce des scores de 100 sur PageSpeed. Nous ne l'avons pas encore mesuré sur un site client, donc nous n'en dirons pas plus pour l'instant. Retenons seulement que les outils qui ont fait la mauvaise réputation de WordPress évoluent eux aussi.

Pourquoi les entreprises continuent de choisir WordPress

WordPress est un logiciel libre. Vous l'installez sur l'hébergement de votre choix, son code est lisible et modifiable, et vous ne dépendez pas d'une plateforme fermée qui peut changer ses conditions du jour au lendemain. Si une fonction manque, il existe souvent une extension pour la couvrir, et sinon un développeur peut l'écrire.

Le budget pèse aussi. Pour un site vitrine, un blog ou une petite boutique, WordPress se met en place plus vite qu'un développement sur mesure, et il coûte moins cher à faire évoluer ensuite. Le client garde la main sur son contenu : après une prise en main, il modifie ses pages, publie ses articles et change ses images sans toucher au code ni appeler un développeur à chaque fois.

Les vrais problèmes de WordPress, car il y en a

Sur le terrain, nous rencontrons des extensions incompatibles entre elles, des feuilles de style empilées qui alourdissent chaque page, des extensions abandonnées ou piratées qui ouvrent des failles, des bases de données remplies de lignes en double, et des requêtes si lourdes qu'elles finissent par faire tomber le serveur de base de données.

Sur un petit site vitrine, ces défauts passent souvent inaperçus. Sur une boutique, ils se voient vite : les pages ralentissent, des erreurs apparaissent. Sur J Well Boutique, la boutique WooCommerce que nous avons refaite en 2025, un travail d'optimisation a rendu les requêtes SQL 50 % plus rapides et fait disparaître les erreurs 500.

La sécurité demande la même régularité. Le 6 octobre 2026, WordPress 7.1.3 a corrigé 7 failles de sécurité et 4 bogues, avec une consigne nette de l'équipe WordPress : mettre à jour immédiatement[7]. Les sites qui acceptent les mises à jour automatiques l'ont reçue seuls, mais les extensions et le thème suivent leur propre calendrier, et une mise à jour peut casser une page. Faire les mises à jour de WordPress, des extensions et du thème, garder une sauvegarde chaque semaine et surveiller le site : c'est le rôle de notre contrat de maintenance WordPress.

WordPress continue d'évoluer, et l'IA arrive

WordPress 7.0 pose les bases de l'IA dans le logiciel lui-même, avec un client IA intégré au cœur et un endroit unique dans le tableau de bord pour gérer les connexions aux services[3]. WordPress 7.1 a enrichi l'interface qui permet à des outils extérieurs, IA comprise, d'agir sur un site[4].

Au début de 2026, quand nous avons écrit la première version de cet article, nos essais restaient mitigés : beaucoup de promesses, et peu d'outils que nous installerions sur le site d'un client. Nous pensons en revanche que la façon de travailler dans le tableau de bord d'un site WordPress va changer dans les années qui viennent. Nous referons ce point au début de 2027, pour comparer avec ce que nous écrivions ici.

Avant de parler de refonte

Quand un site WordPress est lent, le premier réflexe est souvent de tout refaire. Ce n'est pas toujours nécessaire. Avant tout devis de refonte, nous faisons un audit technique du site WordPress existant, gratuit, pour savoir ce qui pose réellement problème et ce qui peut être gardé.

Conclusion

WordPress en 2026 n'est ni mort ni parfait. Il ne convient pas à tous les projets, en particulier ceux qui ont des besoins très particuliers ou une architecture complexe. Pour un site vitrine, un blog ou une boutique de taille raisonnable, il reste un choix solide, à condition d'être bien construit et entretenu dans la durée.

Questions fréquentes

WordPress va-t-il disparaître ?

Rien ne l'indique. Au 13 octobre 2026, il fait tourner 40,1 % des sites étudiés par W3Techs[1], et deux versions majeures sont sorties cette année, en mai et en août[3][4].

Mon site WordPress est lent, faut-il le refaire ?

Pas forcément. La lenteur vient le plus souvent du thème, des extensions, de l'hébergement ou de la base de données. Un audit technique permet de savoir ce qui se corrige sans tout reprendre.

Votre site WordPress est lent ou n'est plus mis à jour ? Nous répondons sous 24 h ouvrées.

Nous écrire

Sources

  1. W3Techs, « Usage statistics and market share of WordPress », w3techs.com, mesure datée du 13 octobre 2026.
  2. WordPress Developer Resources, paquet @wordpress/element : « Element is a package that builds on top of React », developer.wordpress.org
  3. WordPress.org, « WordPress 7.0 "Armstrong" », 20 mai 2026, wordpress.org
  4. WordPress.org, « WordPress 7.1 "Mary Lou" », 19 août 2026, wordpress.org
  5. WordPress.org, « Requirements », page mise à jour le 7 mai 2026, wordpress.org
  6. Elegant Themes, « Divi 5.14 Release Notes », 30 septembre 2026, elegantthemes.com ; scores annoncés sur elegantthemes.com
  7. WordPress.org, « WordPress 7.1.3 Maintenance and Security Release », 6 octobre 2026, wordpress.org